Le roulier GRIEG et les unités de la Trans-Baltique

C’est début 1972 qu’est mis en service le roulier français GRIEG de la Compagnie Générale Trans-Baltique. Il réalisera de nombreuses escales au port de Rouen, tout comme plusieurs des autres unités de la compagnie..

Le GRIEG, navire roulier de 5 600 tonnes de port en lourd, a été réalisé par le chantier néerlandais Boele Scheepswerven, de Bolnes. Long de 138 mètres, il est équipé d’un moteur de 9 900 cv, ce qui lui permet de filer 18 noeuds, et dispose d’une rampe roro arrière. Baptisé au Havre le 22 avril 1972, il escale au port de Rouen pour la première fois le 31 mai suivant.

Il va réaliser de nombreuses touchées au port de Rouen, notamment dans le cadre du service « Trans-Nordic Line », une ligne à fréquence hebdomadaire reliant les deux ports de la Basse-Seine (Rouen et Le Havre) et plusieurs ports de Scandinavie : Helsingborg (Suède), Copenhague (Danemark), Goteborg (Suède) et Drammen (Norvège).

Il compte un sister-ship, le SIBELIUS, livré quelques mois plus tard par le chantier suédois Finnboda Varv, situé près de Stockholm. Le SIBELIUS tournera lui aussi pendant plusieurs années sur les lignes scandinaves de la compagnie. Deux autres rouliers ont également montré les couleurs de la Trans-Baltique, le CLAUDE DEBUSSY (qui avait débuté sa carrière sous pavillon français sous le nom de NEVAil a fait l’objet d’un court article sur ce blog le 18 février 2016) et le BORODINE.

(notre photo : Le GRIEG naviguant en Seine le 1er décembre 1973)

 

 

 

HOEGH AURORE (Norvège)

Le cargo norvégien HOEGH AURORE remontant la Seine le 2 septembre 1970

Les navires de l’armement norvégien Leif Hoegh (Oslo) ont fréquenté pendant de très nombreuses années le port de Rouen. Le port normand figurait en effet sur l’itinéraire du service régulier Europe de l’Ouest / Côte Occidentale d’Afrique assuré par la compagnie (liaison mise en place en 1948). Parmi les unités qui ont été affectées à cette ligne, on comptait le HOEGH AURORE (dont nous présentons la photo ci-dessus prise le 2 septembre 1970 alors qu’il remontait la Seine vers Rouen).

Le HOEGH AURORE a été réalisé par le chantier norvégien de Drammen. Il a été livré en février 1959. Unité de 116 mètres de longueur et 7 100 tonnes de port en lourd, il était équipé d’un moteur de 4 100 CV.

Il a navigué jusqu’en 1972 sous son nom d’origine avant de prendre le pavillon de Singapour comme AURORE tout court. Il sera converti en transporteur de bétail en 1974. Il prendra plusieurs noms successifs et terminera sa carrière à la démolition au Pakistan (janvier 1991).

 

REICHENFELS (Allemagne)

Le cargo REICHENFELS appareillant de Rouen en février 1970

Le cargo allemand REICHENFELS, aux couleurs de la Hansa Linie, est photographié ici le 28 février 1970 au terme d’une escale rouennaise. Navire de 156 mètres de longueur, il présente un port en lourd de 10 500 tonnes.

Le REICHENFELS a été livré en novembre 1954 par le chantier allemand AG Weser, de Bremerhaven, sous le nom de KYBFELS (chez Hansa Linie). Il naviguera sous ce nom jusqu’en 1966, année où il devient le WILLI RICKMERS. Il revient en 1969 chez Hansa comme REICHENFELS. L’année suivante, il passe à la National Shipping Corporation du Pakistan qui en fait le KAUKHALI et achève finalement sa carrière à la démolition (Gadani) fin 1975.

Comme beaucoup des navires Hansa, le KYBFELS/REICHENFELS était équipé d’une bigue de forte puissance (165 tonnes pour cette unité).

NIOBE (France)

Le cargo NIOBE photographié à son arrivée à Rouen le 9 août 1967

Le cargo français NIOBE de la Société Navale Caennaise, a été construit au chantier néerlandais Scheepswerf De Waal, à Zaltbommel. Notre photo le montre à son arrivée à Rouen, alors qu’il vient tout juste d’être mis en service.

Cargo de 78 m de longueur, il présente un port en lourd de 1 160 tonnes et peut filer environ 15 noeuds. Son premier voyage le mènera de Rouen vers la Finlande. Il restera trois mois environ sur la liaison Rouen/Finlande avant de passer en Méditerranée.

Sa carrière sous pavillon français s’achève en octobre 1973. Il est cédé à l’armement néerlandais Van Uden qui en fait le SEINEHAVEN. Placé sur la liaison Europe du Nord / Maroc, il aura l’occasion de toucher Rouen, sa première visite sous ce nom intervenant en novembre 1973. L’armateur néerlandais s’en séparera en 1976.

On peut remarquer sur notre photo que le NIOBE est amarré tout près du Pont Jeanne d’Arc (rive droite), à Rouen. En 1967, le Pont Jeanne d’Arc constitue en effet le pont le plus aval de Rouen. Trois ans plus tard, sera mis en service le Pont Guillaume Le Conquérant, positionné un peu plus en aval. Plus récemment (en 2008), c’est le pont levant Gustave Flaubert qui a été mis en place.

Gros colis sur l’UHENFELS (juillet 1972)

L’armement allemand DDG Hansa (Brême) a été pendant de nombreuses années l’un des leaders mondiaux du transport de colis lourds. En juillet 1972, son plus puissant navire, le Uhenfels, venait embarquer à Rouen une drague de 400 tonnes.

Le cargo uHENFELS à Rouen le 29 juillet 1972La compagnie Hansa Linie était bien connue pour ses capacités à transporter des colis lourds ou encombrants. En 1972, son cargo le plus puissant, le Uhenfels, fait escale à Rouen pour embarquer une barge de 190 tonnes et une drague de 400 tonnes. Le navire est doté de deux bigues de 275 tonnes de puissance se faisant face.  Cargo de 13 800 tonnes de port en lourd et de 157 mètres de longueur, il a été livré en 1959 par le chantier A.G. Weser, de Bremerhaven. En 1980, il devient grec et finira sa carrière à la démolition en 1985.

L'UHENFELS embarquant une drague à Rouen en juillet 1972

NICOLE SCHIAFFINO, dernier voyage (février 1973)

Fidèle habitué du port de Rouen qu’il a fréquenté très régulièrement, le cargo français Nicole Schiaffino achève sa carrière en 1973. Le voici, descendant la Seine pour la dernière fois le 10 février 1973.

Le Nicole Schiaffino descendant la Seine pour la dernière fois en février 1973

Ce cargo, de 6 600 tonnes de port en lourd et 129,5 mètres de longueur, prend le nom de Nicole Schiaffino en 1950. Toute sa carrière, il fera équipe avec les autres navires de la société Schiaffino, assurant des liaisons régulières entre Rouen et les ports d’Algérie.

Sa carrière s’achève en février 1973. Le 10 février, il appareille une dernière fois de Rouen pour gagner Bilbao où il sera démoli.

Voici une autre photo du Nicole Schiaffino, prise le 20 mai 1970 alors qu’il manoeuvre dans la Darse Sud du Bassin Saint Gervais (Rouen).

Nicole-Schiaffino-20mai1970

Navires de la Seconde Guerre Mondiale : un type « PARK » à Rouen (1970)

Parmi les différents types d’unités réalisés en nombre pendant la Seconde Guerre Mondiale, outre les « liberty-ships » déjà évoqués dans ce blog, figurent également des navires plus modestes, les « parks ». La France en a armé une dizaine au lendemain du conflit mondial.

Le port de Rouen a très certainement reçu des unités de ce type standard dès l’après-guerre. Modestement, nous en avions photographié un, peut-être d’ailleurs le dernier vu sur les rives de la Seine, le Leader-One (photo du 13 août 1970) . Ce cargo de 4 550 tonnes de port en lourd, a été réalisé par le chantier canadien St John DryDock & Co, de St John. Il a été livré en avril 1944 sous le nom de Taronga Park. Long de 100 m, il présentait une largeur de 14,20 m, sa propulsion étant assurée par une machine de 1 200 CV.

Le type "Park LEADER-ONE à Rouen en août 1970Comme nous le mentionnons plus haut, la France a reçu des navires de ce type après le conflit mondial. Ces unités ont été principalement exploitées en Asie. Il faut en ajouter un onzième, qui a été acquis en 1952, le S.N.A.-6 (de la Société Nationale d’Affrêtements). Ce S.N.A.-6, sous pavillon français jusqu’en 1964, était un habitué du port de Rouen (la société SNA était notamment spécialisée dans le transport de charbon).

Des « LIBERTY-SHIPS » à Rouen (1970, 1994)

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, ont été construits dans les chantiers nord-amércains de nombreux navires, une flotte destinée à pallier les pertes de guerre. La série la plus importante est constituée par les « liberty-ships ».

Liberty-ship-AvCes unités de 10 500 tonnes de port en lourd, dotées de machines de 2 500 CV, pouvaient filer environ 10 noeuds. Au total, les chantiers des Etats-Unis en ont réalisé un peu plus de 2 700.

Le port de Rouen en a reçu de nombreux. Quelques exemplaires ont touché Rouen très tardivement, en particulier le cubain Ignacio Agramonte (dont nous présentons une photo réalisée le 26 avril 1970) ou encore le grec Alexandros Koryzis (photo du 10 juillet 1970 ). Rouen a également accueilli à l’occasion de la grande manifestation « L’Armada de la Liberté » (juillet 1994) le liberty américain Jeremiah O’Brien, l’un des derniers survivants de cette série. Il est préservé par une association de sauvegarde.

Liberty-US-ArAux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, la France a reçu 75 liberties (en fait 75 à l’origine, un 76ème venant remplacer le Grandcamp, navire victime d’une explosion à Texas-City le 16 avril 1947).